Marie-Adine Lesterlin

 

Elle a écrit :

- Contre vents et marées

 

Courriel

 « Ecrire, dit-elle… » Mon rendez-vous avec l’écriture a commencé par une rencontre radiophonique de hasard avec Philippe Lejeune, universitaire spécialiste (et militant !) de la démarche autobiographique et président fondateur de l’APA (Association pour l’autobiographie)… Il répondait aux questions d’une journaliste sur le thème de « l’écriture de soi » et ses propos m’ont mise en route ! Ma première étape a consisté à reprendre un texte manuscrit datant de presque 30 ans, rédigé au jour le jour sur un cahier d’écolier, pour garder la trace d’une grossesse désirée mais inespérée, puisque déclarée impossible par le corps médical, et au terme de laquelle j’étais devenue une mère heureuse… La reprise de ce texte intime, après tant d’années, m’a invitée, chemin faisant, à y réagir au présent, avec le recul que me donnait la suite de mon histoire assez tourmentée, ce qui fut un exercice passionnant et très enrichissant. Quelques amis proches m’ont accompagnée dans cette aventure par leur lecture et leurs conseils ; l’un d’entre eux, ayant des compétences en arts graphiques, m’a aidée à passer du manuscrit à un livre bricolé, pas très bien mis en page et tiré en impression numérique pour le rendre plus maniable qu’un polycopié. C’est grâce au petit stock ainsi constitué que j’ai pu offrir mon texte à mes proches et que je fis la première expérience du bonheur d’être lue et des échanges riches que cela permet. Mes amis de l’association pour l’autobiographie, à laquelle j’adhère avec conviction, ont joué un grand rôle dans ce début de reconnaissance. Mais cette première expérience d’écriture en est restée là, pour respecter le souhait de silence des personnes concernées par mon récit. Cependant, elle m’a donné l’envie de continuer, sur le chemin des histoires de vie. C’est ainsi que le projet d’un deuxième texte est né, mais cette fois, ce n’était pas mon histoire mais celle de ma mère, décédée depuis cinq ans, que j’ai eu envie de retracer, sans doute pour clarifier notre relation après coup. Lorsque mon manuscrit a été bouclé et lu, comme la première fois par mes fidèles amies, l’une d’entre elles m’a poussée à le soumettre à une éditrice qu’elle connaissait un peu. Celle-ci a pris le temps d’étudier mon texte et de m’adresser un rapport détaillé et encourageant, même si elle ne le retenait pas pour le publier. Sa suggestion d’auto-édition a retenu mon attention et m’a rappelé ma rencontre avec « écrituriales », l’été précédent, à l’occasion d’un salon local, organisé par ma commune, dans l’île d’Oléron, « Des livres et des arts dans la rue ». J’ai repris contact avec Dominique Dumollard, dont j’avais apprécié l’accueil et c’est ainsi que j’ai adhéré à l’association, au terme de l’assemblée générale 2013, à laquelle il m’avait invitée à Rézé. Mon manuscrit a suivi la procédure habituelle ; la première étape du comité de lecture ayant été concluante, j’ai pu bénéficier de la logistique sans faille d’ « écrituriales », maquette de couverture, mise en page et impression numérique par le partenaire Sobook. Le « produit fini » m’a emplie de fierté et de gratitude ; j’ai pu le présenter aux journées de l’autobiographie, à Strasbourg, début juin et en profiter pour faire la promotion de notre association, dépliants à l’appui… Je suis en effet convaincue que l’APA et « écrituriales » auraient intérêt à fraterniser ! Ce que je dois à « écrituriales », c’est que « Contre vents et marées » soit devenu un « vrai » livre, jouissant ainsi d’une diffusion que je n’aurais jamais imaginée lorsque je me suis mise en route. Je ne sais pas encore s’il aura une suite mais il me semble que je le souhaite…

Merci « écrituriales » !